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 Les Roses du Printemps

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Loïc Solaris
Salle de l'esprit et du temps
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MessageSujet: Les Roses du Printemps   Mer 23 Déc - 21:01

Coucou !

Je fais partagé quelques trucs ^^

tout d'abord voir "Les Roses du Printemps". Une nouvelle que je n'aime plus (lol). écrite en 2006, pour un concours de jeunes écrivains je sais plus trop quoi. Évidemment je n'ai pas été dans les meilleurs ^^. Normal... j'ai envoyé mon écrit le dernier jour , et la veille j'avais donc dû bâcler la fin pour la terminer -_-.

Le résultat finale est loin du scénario original que j'avais imaginé... mais qu'importe.

Voici donc, et bonne lecture !


Les Roses du Printemps


Le téléphone portable se mit à vibrer et claqua nerveusement sur le carrelage blanc de la chambre. Le jeune garçon soupira et enfouit sa tête dans l’oreiller pour gémir. « Encore un rêve gâché au meilleur moment » pensait-il. Son portable continuait de s’exciter et il se décida enfin d’étendre son bras hors des draps pour l’éteindre tout en marmonnant : « J’aurais dû demander un vrai réveil à Noël moi… »
- Sébastien lève-toi ou tu seras encore en retard, fit une douce voix derrière la porte.
- Je suis déjà debout maman, répondit le jeune lycéen en se levant subitement.
Le carrelage étant froid, il se précipita de mettre des chaussettes avant d’enfiler un T-shirt et un jean. Il se rappela, comme tous les matins, qu’il devait mettre de la moquette pour que sa chambre ressemble un peu plus à une chambre… Sébastien sortit et se dirigea vers la cuisine pour préparer son petit-déjeuner. Il se fit embrassé furtivement sur le front par sa mère dans le couloir et la regarda disparaître quelques secondes plus tard par la porte de l’appartement.
- Bonne journée à toi aussi maman, oui moi aussi je t’aime, à ce soir… fit-il à haute voix, le regard souriant toujours fixé sur la porte brune.
- Seb, je t’ai préparé ton p’tit déj’… comme d’habitude, fit une autre voix, douce mais plus jeune.
Sébastien entra dans la cuisine pour y trouver sa petite sœur assise à la petite table ronde en train de manger des céréales. Elle n’avait que trois ans de moins que Sébastien mais elle était déjà en première au lycée. Sébastien s’était promis en début d’année que jamais il ne se laisserait rattrapé.
- Je te revaudrais ça Laurane, la remercia-t-il en s’asseyant en face d’elle.
- Pas la peine, depuis le temps que tu me dois quelque chose et que tu ne me le donnes pas… Tu ferais bien de te dépêcher, ou Sandra partira sans toi.
- On se connaît depuis quinze ans, elle m’attendra.
Après avoir mangé et prit une douche, Sébastien prit son sac et sortit de l’immeuble. Sandra l’attendait devant l’entrée. La première chose que Séb remarqua, c’était le style vestimentaire de son amie d’enfance. Elle portait un pantalon bleu ciel un peu trop grand, formant ainsi des plis comme des vagues au dessus de ses chaussures et n’en laissant apparaître que les bouts noirs. Par-dessus, elle avait attaché par le côté gauche quelque chose qui ressemblait à un petit drap semi transparent qui descendait jusqu’à quelques centimètres en dessous des genoux. Elle avait mis un débardeur noir un peu trop petit mais sexy. En travers du corps se trouvait la bandoulière de son sac bleu foncé. Sébastien s’approcha d’elle pour redécouvrir des yeux verts et des cheveux ondulés dorées.
- Tu n’as pas froid comme ça, lui demanda-t-il.
- L’Hiver est fini et les oiseaux chantent, répondit-elle calmement en souriant.
- Le froid est partit et les roses éclosent, continua Sébastien.
- La pluie a cessé et le Soleil brille…
- Une nouvelle vie s’illumine, finirent-ils ensemble.
- Ce bon vieux poème de primaire sans rîmes, fit le jeune garçon en serrant dans ses bras la jeune fille qui se laissait faire, je ne me souviens même plus en quel honneur nous l’avions écrit.
- Moi non plus…
Après une étreinte rapide et quelques minutes de marches, ils prirent ensemble le métro pour se rendre au lycée. Devant le portail les attendait la charmante Aya Tirina, originaire du Japon. Beaucoup d’autres garçons de la classe, et même du lycée, étaient fous d’elle, mais aucun ne l’intéressait. Elle accueillit Sandra et Sébastien d’un large sourire qui, certainement, devait rendre jaloux tous ceux qui se croyaient plus beau gosse que Sébastien.
- Yo Sébastien, comment ça va, fit-elle en effectuant de larges arcs de cercles avec le bras au-dessus de sa tête.
Bien que de petite taille (elle arrivait au niveau du menton de Sébastien), elle avait un physique intéressant, et ce ne sont pas ses deux T-shirt à manches longues et sa veste foncé qui pouvait le masquer, ni même son jean à pattes d’éléphants. En plus de ses longs cheveux noirs bleutés et de boucles d’oreilles en argent, elle laissait toujours apparaître son nombril. Sandra la considérait comme une allumeuse, mais bien des gens la prenaient pour une fille comme il en faudrait plus dans le monde.
- Je vais essayer de trouver le prof de math pour lui poser des questions sur le cours d’hier, fit Sandra en jetant un regard presque jaloux à Aya.
- O.K., on se retrouve au gymnase pour le sport, répondit Séb en se dirigeant toujours vers Aya.
Sandra maugréa intérieurement mais n’ajouta aucun mot et entra dans l’enceinte du lycée. Sébastien étreignit Aya, comme à son habitude pour dire bonjours aux jolies filles, mais Aya profita du moment pour lui sauter au cou.
- eh là ! Doucement Aya.
- Mon chéri adoré !
- On ne sort pas ensemble Aya il me semble.
- Pourtant on devrait, répondit-elle en lâchant enfin Sébastien. Tu es le mec parfait : blond, les yeux bleus, un mètre soixante-dix, des muscles développés juste comme il faut et enfin une intelligence et un comportement tout aussi parfait. Par contre je n’aime pas trop ton pantalon, il ressemble trop à celui de Sandra.
- Ne plaisante pas Aya, il y a des tas de mecs meilleurs que moi.
- C’est ce que tu crois.
- Ou c’est ce que toi tu ne crois pas, répliqua Sébastien en souriant et en commençant à se diriger vers le gymnase tout proche du lycée.
- Attends-moi ! Et le cours ne commence que dans dix minutes !
Une centaine de mètres plus loin, ils entrèrent dans le gymnase et se séparèrent au premier croisement du couloir principal. A droite se trouvait les vestiaires pour les hommes, à gauche celui des femmes.
- Commencer la journée par du sport c’est excellent, fit Aya tandis qu’elle s’éloignait vers le vestiaire au fond du couloir.
- Surtout quand on commence cette journée à dix heures, renchérit Sébastien en entrant dans son vestiaire.
Il y trouva un camarade de classe, déjà habillé d’un short et d’un T-shirt sans manches, le tout en blanc avec des rayures bleues. Il s’appelait Bernard, un prénom qu’il n’aimait pas. Grand fan de cinéma, il préférait qu’on l’appelle Luc. C’était quelqu’un de très réservé, il parlait très peu sauf à Sébastien, en qui il voyait un grand frère, presque une idole à suivre. Bernard était de loin le meilleur dans n’importe quel sport car il pratiquait des arts martiaux, ce qui l’aidait beaucoup pour développer sa condition physique. Il était champion de la région en judo, et troisième du pays dans sa catégorie poids plume (car il était tout juste plus grand qu’Aya) en Karaté. En début d’année, il s’était inscrit en plus dans du karaté artistique, cela lui prenait encore deux heures de plus dans son emploi du temps de la semaine, mais il aimait bien et parvenait à gérer le sport et les études.
- Salut, fit-il tout simplement à Sébastien.
- Comment ça va Luc ?
Ils se serrèrent la main, puis Sébastien se changea tout en discutant avec lui.
- Je pense qu’on va faire du foot sur le terrain à côté, il n’a pas plus depuis trois jours et il fait beau, remarqua Luc.
- Penses-tu qu’on gardera les mêmes équipes que la semaine dernière ?
- Oui, c’est ce que la prof a dit parce que les équipes sont équilibrées et qu’aucun but n’avait été marqué. Et ce serait tant mieux, car j’ai eu une idée pour marquer le but de la victoire.
Sébastien sourit lorsqu’il entendit le mot victoire. Il leva la tête vers son ami et l’écouta exposer son plan.
Une dizaine de minutes plus tard, la classe se retrouva sur le terrain de foot. Les équipes étaient les mêmes : Aya, Sandra, Bernard et Sébastien étaient donc ensembles avec sept autres joueurs. Leur classe ne comptait que vingt-deux élèves, ce qui impliquait des équipes mixtes. La première mi-temps du match, de trente minutes, se déroula comme prévue : les deux équipes restaient à égalités. Lors de la seconde mi-temps, Luc mis son plan en place : la première chose à faire était d’avoir un corner, c’est Sandra qui le tirerait (car c’est elle qui visait le mieux comme ça) et le reste c’était à Sébastien et lui de s’en occuper.
Le corner ne fut pas facile à avoir, mais ils y arrivèrent tout de même au bout d’une dizaine de minutes. Sandra prit sa place au coin du terrain, Sébastien et Luc se postèrent juste devant le but. Sandra attendit un instant, le temps de se concentrer et d’espérer. Elle frappa enfin. « C’est trop haut ! » pensa Sébastien, mais Luc lui ordonna presque de se mettre à genoux comme prévu. Il sentit qu’on posait un pied sur son épaule droite, mais l’impression disparue vite car Luc avait sauté, certes plus haut que tout ceux qui allaient essayer de faire une tête, mais juste un peu trop loin pour atteindre le ballon. Le jeune prodige des arts martiaux n’hésita pas et réussit à faire un salto avant, les jambes bien tendu, et parvint à toucher le ballon. Son mouvement fit incliner la direction du ballon, qui vint s’arrêter au fond du filet sous les yeux d’un goal et de joueurs admiratifs.
- Tu as réussi Luc, fit Sébastien lorsque son ami fut relevé, tu es trop fort !
- Je… merci, parvint-il à dire alors que tout le monde s’empressait de le féliciter.
Tout le monde commença à se disperser enfin, et Sandra, qui était resté un peu en retrait, sauta littéralement au cou de Luc en lui donnant un long baiser sur la joue. La petite différence de taille déséquilibra le butteur qui tomba en arrière, Sandra toujours sur lui.
- C’était un saut magnifique !
Elle se releva toujours souriante, tendit sa main pour l’aider à se relever puis partit en courant reprendre sa place pour le prochain coup d’envoie. Sébastien remarqua que Luc était devenu tout rouge.
- Tu rougis ?
- Hein ? non, je… c’est…hum…
- Par hasard tu ne serais pas amoureux d’elle, tenta Sébastien.
- Je… l’aime beaucoup oui, mais je n’ai aucune chance pas vraie ? Demanda-t-il tout doucement.
- Pourquoi donc ?
- Eh ben, vous êtes ensemble depuis si longtemps…
- Mais nous sommes juste des amis d’enfance tu sais, on ne sors pas ensemble.
- Je crois que c’est justement ce qu’elle voudrait…
- Qu’est-ce qui te fais dire ça, demanda Sébastien, étonné.
- Son comportement avec toi… et puis vous allez bien ensemble en plus.
- Ecoute… je ne crois pas avoir déjà voulu sortir avec Sandra en tant qu’amoureux, mais toi tu ne dois pas te dire que c’est foutu. Elle vient de te sauter dessus et de t’embrasser je te rappelle !
- Je… merci. Ne lui en parle pas tout de suite d’accord ?
- Pas de problème, S’il y a quelque chose, c’est elle qui me le dira.
La fin du match se déroula calmement, aucun autre but ne fut marqué. Dans les vestiaires, Sébastien proposa à Luc de faire en sorte qu’il soit seul avec elle quelques minutes, durant le trajet jusqu’au lycée. Sans hésiter, Luc accepta.
Il sortit seul et attendit au croisement pendant que Sébastien restait derrière la porte du vestiaire pour essayer d’écouter. Il l’entendit parler deux minutes plus tard :
- Heu Sandra, je… merci pour le baiser tout à l’heure, ça m’a surpris.
- Tu le méritais, répondit-elle, « sûrement en souriant » pensa Séb.
- On rentre au lycée ? Tenta Luc. « Mince, elle va vouloir m’attendre ! »
- D’accord, répondit Sandra après un moment d’hésitation.
Sébastien sortit enfin des vestiaires et resta un court moment au croisement des couloirs. Il était tout de même étonné qu’elle ait accepté de partir sans lui. Cela le réconfortait d’une certaine manière pour Bernard.
- Sébastien ! Tu m’as attendu ! T’es trop chou !
- Aya ! Lâche mon cou tu me fais presque mal.
- Mais voyons, toutes les filles sautent au cou de leurs amoureux !
Sébastien ne put s’empêcher de penser au moment où Sandra avait sauté sur Bernard. « Est-ce qu’elle serait amoureuse de lui ? » pensa-t-il.
- Qu’est-ce qu’il y a, demanda Aya en le regardant dans les yeux.
- Aya, fit Sébastien presque en soupirant. Tu es tellement directe qu’on se dit que tu racontes des bêtises.
- Tu m’aimes pas c’est ça ?
Elle retira ses bras du cou de Sébastien et prit une expression triste, comme si elle allait éclater en sanglot, les lèvres toutes tremblantes.
- Mais si je t’aime bien, ne pleure pas.
- Juste bien ?
- Non je voulais dire : je t’aime beaucoup, rectifia Sébastien en commençant à sortir du gymnase.
- Pourquoi tu ne dis pas juste : je t’aime ?
Sébastien se retourna avec une expression qui signifiait clairement qu’il en avait marre de l’attitude d’Aya.
- Tu ressemble vraiment à une gamine tu sais ?
- Hein ? Non mais attends je plaisante. Attends moi te dis-je ! C’était un délire, ne te vexe pas s’il te plait ! Attends !
Le reste de la journée se déroula paisiblement. Sous un temps de plus en plus magnifique, et avec une odeur particulière dans l’air, celle du printemps et des fleurs qui repoussent. Le soir arrivant, les cours se terminèrent. Luc rentra directement chez lui, Aya suivit Sandra et Sébastien jusqu’au métro puis se séparèrent. Dans le métro, ils ne dirent rien. Sandra semblait fâchée. Durant leur trajet à pieds jusqu’à chez eux, seul Sébastien parlait, mais de choses un peu inutiles. Enfin lorsqu’ils arrivèrent devant leur immeuble, Sandra prit la parole :
- C’est mon tour aujourd’hui.
Chaque jour ils alternaient l’appartement où ils allaient prendre un goûter et réviser ensemble. Leur immeuble n’était pas très imposant, mais était découpé en trois partis. Sandra et Sébastien habitaient chacun dans une partie différente.
- Je te suis, fit Sébastien.
Ils entrèrent dans l’immeuble, montèrent trois étages par l’escalier, puis sonnèrent à la porte sur la droite. Le petit frère de Sandra ouvrit. Il avait huit ans et Sandra et lui s’adoraient.
- Viens là toi que je te dise bonjour, fit Sandra en s’abaissant et en tendant ses bras.
Le gamin se laissa porter, Sandra l’emmena jusque dans la cuisine tandis que Sébastien fermait la porte. Dans la cuisine, la mère de Sandra était en train de préparer des crêpes pour le dîner.
- Tiens Sébastien, comment vas-tu ? Tu reste dîner ce soir n’est-ce pas ?
- Je ne voudrais pas vous déranger.
- Bien sûr que non tu ne nous déranges pas, n’est-ce pas Sandra ?
- Hein ? heu non bien sûr.
Après un bon petit goûter, Sandra alla dans sa chambre, suivit de Sébastien.
- Ferme la porte derrière toi, fit-elle sans se retourner, ni même allumé la lumière.
- Ouais, répondit-il simplement.
A peine l’eut-il fermé et s’être retourné que Sandra l’avait presque plaqué contre la porte, sa main gauche l’entourant au niveau du bas du dos et son bras droit formant une diagonal presque jusqu’à son épaule droite. Elle posa sa tête au niveau du cou et semblait trembler. Sébastien ne bougea pas pendant quelques instants, mais il finit par demander :
- Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
- Je… ne sais pas. J’avais envie de le faire… J’ai… l’impression que tu t’es éloigné de moi aujourd’hui…
Sébastien renforça leur étreinte en entourant Sandra de ses bras.
- j’y est cru un moment moi aussi…mais… nous ne sortons pas ensemble… pourquoi est-ce que ça nous gênerait ?
- Parce qu’on tient trop à l’autre…
- Sandra, je n’ai jamais vraiment réfléchi à ce sujet tu sais.
- Tu préfères Aya, fit-elle en reculant de quelques pas.
- Non, bien sûr que non.
- Menteur, c’est pour ça que tu as envoyé Bernard après le sport pour te retrouver seul avec elle.
- Non, ce n’est pas du tout ce que tu crois.
- Eh bien prouve le moi que tu ne l’aime pas !
Sébastien ne sut rien dire. Il commençait à avoir peur de la suite. Il ne voulait pas provoquer de dispute avec Sandra, ça ne s’était jamais produit. Voyant son hésitation, Sandra lui tourna le dos, et commença à pleurer. Séb se sentait coincé. S’il se passait quelque chose entre Sandra et lui, il devra le dire à Luc, qui risquerait de le détester par la suite. Mais il fit son choix, celui qu’il pensait être le meilleur. Tout en s’approchant de Sandra, il s’excusait envers Luc, et des larmes tombèrent lorsqu’il se mit en face de Sandra et qu’avec sa main il leva son menton.
- Je ne veux pas te perdre… fit-il avant de l’embrasser.
Pour Sandra, c’était le meilleur moment de sa vie, un moment qu’elle attendait depuis longtemps déjà. Mais pour Sébastien, c’était un sentiment partagé. Intérieurement, il savait qu’il l’aimait. Mais il ne pouvait aussi s’empêcher de penser à Luc qu’il avait trahi.
- Je suis désolé de t’avoir traité de menteur, dit doucement Sandra alors qu’elle serrait très fort Sébastien.
- Je suis désolé aussi. Je n’aurais pas dû laisser Luc espérer avoir une chance avec toi.
- Quoi ? Fit Sandra surprise.
- Il est amoureux de toi lui aussi. Ne l’as-tu pas vu rougir lorsque tu lui a sauté dessus ? Et je l’ai laissé espérer… Il va me détester.
- Non, si tu lui en parle dès demain, il comprendra.
- Je ne sais pas. Sandra, j’ai besoin d’un peu de temps, s’il te plait.
Elle ne répondit rien. Elle alla allumer la lumière, sortit ses affaires de son sac, s’installa à son bureau et dit en souriant :
- Bon alors, on travaille ?

La soirée avait été plus longue que d’habitude. Souvent, Sébastien et Sandra s’arrêtaient de travailler pour se coller l’un à l’autre en silence. Ils avaient passé un marché : Sandra laissait passer une semaine avant d’officialiser leur relation au lycée. C’était le temps que devait utiliser Sébastien pour s’excuser auprès de Luc.
Après une nuit assez mouvementée et une matinée à essayer de trouver comment lui dire, Sébastien sortit de l’immeuble et attendit Sandra. Pour une fois, c’est lui qui l’attendait. Il redoutait aussi ce moment : comment allait-il réagir lorsqu’elle arriverait ? Une question qu’il n’a pas arrêté de se poser, mais dont il aurait pu s’abstenir : lorsqu’elle vint à lui, c’est instinctivement qu’ils s’embrassèrent. Lors de l’habituel trajet à pieds et en métro, ils restèrent comme de bons amis, cachant leur réelle relation. Ils arrivèrent devant le lycée peu après. Aya n’était pas présente, ce qui était rare, par contre Luc était là.
- Je peux te parler cinq minutes Séb ? Demanda-t-il après leur avoir dit bonjour.
Sandra et Sébastien s’échangèrent un regard.
- Je vous laisse, je vous attends devant la salle de physique.
- Merci Sandra, fit Luc en la regardant partir, puis il se tourna vers Sébastien mais n’eut pas le temps de dire quoique ce soit.
- Luc, je suis désolé.
- Pourquoi ?
- Je… suis avec Sandra… depuis hier soir.
- Ha… je… vois…
- Je n’avais pas du tout l’intention de te faire du mal, de te faire espérer comme ça, crois moi. La situation m’a échappé.
- Oui je vois. Ce n’est pas grave. Tu t’es juste un peu foutu de ma gueule.
- Non ! Tu me connais bien, tu sais que je ne suis pas ce genre de mec !
- A croire que non.
Il s’éloigna rapidement dans l’enceinte du lycée, laissant Sébastien seul devant le portail.

Sandra venait d’entrer dans le bâtiment principal du lycée. Elle prit le couloir de droite, monta les escaliers sur la gauche, prit à droite au premier étage et se rendit jusqu’à la salle de physique. Aya était assise contre le mur, face à la porte. Lorsqu’elle vit Sandra arrivé, elle se releva et se mit presque en travers de son chemin :
- Toi et moi nous avons quelques petites choses à nous dire, fit-elle avec un regard persistant.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, désolé.
- Sébastien. Il semble qu’on en soit amoureuse toutes les deux. Mais je compte bien gagner la partie.
- Désolé ma chère, mais tu as perdu avant même de commencer.
- Quoi ?
- Nous sommes ensemble, Sébastien et moi.
Aya pris d’abord un air étonné, mais elle se ressaisit et, en souriant, lâcha telle une menace :
- Mais pour combien de temps ?
Luc arriva à ce moment là. Sandra l’interpella mais après un rapide regard, il détourna les yeux en soupirant. Sébastien arriva ensuite, et fit un signe de tête expliquant que ça s’était mal passé.
Le cours de physique passa lentement, Sébastien se sentait mal, tout comme Luc. Aya ne voulait pas lâcher l’affaire, et Sandra espérait que tout s’arrangerait. Le cours fini, Luc sortit le premier, et rapidement. Aya semblait rester encore dans la classe, sûrement pour poser des questions au professeur. Sandra et Sébastien sortirent donc ensemble. Ils n’avaient pas cours tout de suite, aussi prenaient-ils leur temps dans les couloirs, jusqu’à ce que Sébastien se rende compte qu’il avait oublié sa trousse en physique, chose qui ne lui arrivait que très rarement. Il fit donc demi-tour et courut jusqu’à la salle de physique, laissant Sandra devant l’entrée du Hall principal.
Devant la salle de physique, se trouvait Aya en train de jongler avec la trousse de Sébastien.
- Ouf, j’ai cru que je devais demander la clé aux surveillants pour la reprendre, merci.
- Eh là, ça mérite une récompense.
- Quoi ? quel genre de récompense ?
- Un baiser par exemple.
- T’es folle Aya, je préfère encore perdre ma trousse.
- Mais non, tout de suite tu dramatises la situation ! Tu as oubliés de me dire bonjour ce matin, je veux un bisou sur la joue.
- T’es chiante tu sais, répondit Sébastien en souriant.
Tandis qu’il commençait à s’abaisser pour lui faire son bisou sur la joue, Sandra arrivait derrière lui, à quelques dizaines de mètres. Aya l’avait vu, et prévu aussi. Elle n’aurait pas de seconde chance : elle tourna la tête et s’empressa d’embrasser Sébastien quelques secondes avant qu’il ne la repousse calmement.
- Sébastien… fit Sandra avant de s’enfuir en courant.
- Sandra, non attend !
- Elle parait furieuse dis donc, s’enfuir pour si peu…
Sébastien se retourna, et dans sa colère, il donna une violente claque à Aya.
- Depuis le temps que tu l’as méritait celle-là…
- Tu es un enfoiré Sébastien, comme tous les autres, répliqua-t-elle.
- Je sais, mais pas autant que toi.
Il partit pour retrouver Sandra, en oubliant sa trousse derrière lui.

Sandra pleurait, quoi de plus normal. Au moment où elle pensait que tout irait pour le mieux avec Sébastien, voilà qu’elle le voyait embrasser une autre fille, et pas n’importe laquelle : cette garce d’Aya.
Dans sa course, elle bouscula plusieurs personnes, et mêmes quelques professeurs. En sortant dans la cour de récréation, elle se fit beaucoup remarqué, mais elle s’en fichait, elle voulait partir, rentrer chez elle. La seul personne qui se demandait vraiment avec intérêt ce qu’elle avait, c’était Luc, qui la suivit aussi en courant.
Sébastien sortit du hall au moment où Luc se mettait à courir. Sans réfléchir une seconde de plus, il le suivit et sortit hors du lycée.

Sandra était épuisée, elle courait vite. Elle traversait les routes sans faire attention : qu’importe, si elle se faisait écrasée tant pis, ce ne serait pas de sa faute. Elle entendit autour d’elle des klaxons, des cris qui lui sommaient de regarder où elle allait. Après une course folle, un son strident retenti sur sa gauche, elle s’arrêta net et regarda une voiture freiner. Mais elle allait trop vite et allait la percuter.
Elle sentit quelque chose la pousser, elle évita de justesse la voiture, qui s’arrêta quelques mètres plus loin, et tomba par terre, près du trottoir. Elle resta un moment à genoux, soufflant difficilement. Et alors qu’elle commençait à retrouver ses esprits, elle entendit un gémissement, puis d’autres voix qui s’affairaient autour d’elle et d’une personne au milieu de la route.
Sandra se releva, se retourna, et vit Luc par terre, sur le ventre, essayant de se relever, en vain.
- Luc !
Elle vint s’agenouiller à côté de lui et l’aida à se retourner sur le dos. Il était couvert de sang sur tout son côté gauche.
- Luc tiens bon ! je suis désolé c’est à cause de moi, pardonne moi…
- Ça va aller Sandra… ce qui importe pour moi… c’est que tu ailles bien, répondit-il péniblement.
Sandra se mit à pleurer. Elle ne savait plus quoi dire, mais elle savait écouter :
- Je t’aime Sandra, j’ai été déçu d’apprendre que tu sortais avec Sébastien, mais c’est quelqu’un de bien. Tu as de la chance.
Sébastien arriva à ce moment là en bousculant les gens qui étaient autour d’eux.
- Luc, cria-t-il en s’agenouillant de l’autre côté.
- J’ai appelé des secours, ils vont arriver d’un instant à l’autre, fit une voix derrière Sébastien.
- Luc, je suis désolé, fit Sébastien.
- Prends soin d’elle s’il te plait… Sébas… tien.
- Luc ! Luc ! Répéta plusieurs fois Sandra, tandis que Sébastien, après un moment où il ne pouvait plus bouger, laissa échapper un cri de douleur et de colère, les larmes coulant sur ses joues et tombant sur le corps maintenant inerte d’un ami.
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MessageSujet: Re: Les Roses du Printemps   Mer 23 Déc - 21:15

Quelle triste histoire Crying or Very sad
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Loïc Solaris
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MessageSujet: Re: Les Roses du Printemps   Mer 23 Déc - 21:17

Oui... à cette époque mes histoires finissait mal.

Mais je tiens plus à en faire de telle maintenant ^^.

Enfin, ça dépend... lol
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MessageSujet: Re: Les Roses du Printemps   

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Les Roses du Printemps

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