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 Le Feu, la Cigarette, le Téléphone, et Toi

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Loïc Solaris
Salle de l'esprit et du temps
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MessageSujet: Le Feu, la Cigarette, le Téléphone, et Toi   Mer 23 Déc - 21:11

Encore une... 2007, écrite un matin, j'ai dû sécher les cours pour écrire. j'avais un peu d'inspiration. Je l'ai faîte d'une traite...

Je l'aime bien ^^

L'illustration, c'est un ami de l'IUT de l'époque qui me l'a fait.

Enfin;. il faut savoir que sur le texte original, il y a des parties en italique, que je ne vais pas me retaper à refaire ici ^^. Donc ça pourrait vous gener dans la compréhension... mais ça devrait aller.

Bonne lecture encore ^^


Le Feu, la Cigarette, le Téléphone, et Toi


Le téléphone sonne à nouveau… encore un type qui ne sait pas se débrouiller tout seul…
Je réponds, c’est mon job, enfin presque. C’est quoi mon job ? Conseiller quelques personnes, suivre l’évolution du marché mondial, veiller sur quelques célébrités, garder quelques secrets… rien de bien stimulant finalement…
Qu’est-ce qu’il me veut ce mec ? Il m’appelle pour me demander des nouvelles… Alfred… pffff… un vieil ami de lycée, un incompétent qui a raté ses études. Bien sûr il compte sur moi pour l’aider à grimper quelques échelons de sa vie… L’idiot… est-ce que quelqu’un m’a aidé, moi ?
J’ai bossé depuis le collège, jusqu’à Bac +7. Enfin bon, qu’est-ce que ça m’a donné ? J’ai suivis un parcours, ça m’a amené loin, sans pour autant me plaire… à qui ça plait ? Mes parents j’imagine… c’est à croire que tout ce que je fais c’est pour eux…
Où suis-je maintenant ? Quelque part à New York, en haut… très haut. Il n’y a presque pas plus haut…

Je raccroche le téléphone… je me lève de mon siège de cuir, m’éloigne du bureau et contemple la ville quasiment sous mes pieds.
A travers la vitre parfaitement transparente, je me laisse envahir par cette étendue. Le soleil, le ciel, les nuages, les oiseaux… le paysage, les immeubles, les gens… la corruption, la soif de pouvoir, l’ignorance…
C’est quoi ce monde ? A chaque fois que je le contemple, une mauvaise impression me gagne. Ça ne date pas d’aujourd’hui… depuis plus de vingt ans, j’ai dans mon esprit l’idée que l’Homme ne parviendra jamais à un niveau correct de vie… l’Homme… cet être qui s’impose partout… cet égoïste… cet arrogant… tsss…

Le téléphone sonne… j’en ai marre… qu’il appelle quelqu’un d’autre… moi, j’ai autre chose à faire.
Je pose mes mains complètement nues sur la vitre fraîche. Je parviens à discerner mes traits par reflet…
Je ne suis qu’un pauvre homme, moi aussi… solitaire depuis toujours, pas très beau je crois, avec mon gros nez, mes oreilles un peu trop pointues, des yeux bruns trop banals, des lèvres trop rouges, des cheveux en bataille mal taillés…. non, franchement, c’est normal tout ça. Il existe des gens bien meilleurs que moi… comme toutes ces célébrités…

Célébrités… encore une chose que je déteste… ces gens qui se croient importants. En réalité il existe des milliers de gens bien plus important, qui font des choses dans leurs vies qui pourraient améliorer l’Homme… mais ils sont trop peu nombreux, et trop bien cachés par ces célébrités…
J’aimerais changer la face du monde, mais je ne peux pas… je ne peux rien faire. En haut de cet immeuble, mon pouvoir est en fait très limité… comme d’habitude d’ailleurs… comme le jour où j’ai perdu ma sœur et ma meilleure amie…

Je soupire profondément… le passé me revient sans cesse, pourtant tout ça, c’était il y a si longtemps. Pourquoi l’Homme possède-t-il une telle mémoire désagréable ? Pourquoi est-il capable de tant de remords, de souffrance ?
Je souffre toujours, encore aujourd’hui. Al m’avait dit un jour que chanter pouvait rendre heureux… j’ai essayé, mais je chante très mal. C’est catastrophique d’avoir une voix si faible, si ratée, si tremblante… c’est pitoyable… Et en musique, je suis tout aussi mauvais… je n’ai pas le souffle pour jouer des instruments à vent, je n’ai pas le doigté pour jouer à la guitare, ni le mouvement coordonné pour faire du violon, et mes doigts sont trop gros pour jouer du piano…
Non, je suis vraiment un raté… tout ce qui marche bien chez moi, c’est mon cerveau… un peu trop bien d’ailleurs…

Le téléphone cesse de sonner, enfin… je suis au calme, en paix…
La paix… quel mot hypocrite… comme si la paix pouvait exister réellement… Il n’existera jamais une seule journée sans que quelqu’un n’enfreigne la paix…
Quelle galère… toujours en train de critiquer les autres… mais j’ai souvent enfreint les règles moi aussi… encore aujourd’hui, je suis capable de me faire plaisir quand je veux… je peux détourner de l’argent facilement… je pourrais tout m’acheter…
M’acheter quoi ? Tout est inutile pour un mec tout seul… qui n’a pas de qualité, pas de projet, pas de famille…

Al m’avait conseillé de faire du sport un jour… que ça me rendrait plus fort, plus attirant… j’ai essayé. Mais je n’avais ni la forme, ni le temps. Je suis petit, très peu musclé, trop mince. Je ne suis qu’un gringalet, moi… courir dix secondes, ça me fait souffrir, c’est lassant… faire des pompes… c’est difficile, énervant… des abdos ? Ça fait perdre trop de temps…

Le temps… Il passe si vite… quarante ans que je vis en ce monde… combien de temps il me reste ? Peut-être cent ans au mieux… non qu’est-ce que je raconte ? Avec mon physique je ne survivrai pas plus de soixante-dix ans en ce monde… sûrement que je mourrai avant… d’une tumeur des poumons, vu que je fume tous les jours… je ne suis pas un gros fumeur, je trouve… deux ou trois cigarettes par jour… certains sont pires que moi… mais… j’en mourrai quand même dans dix ans peut-être… ou plus tôt ? Dans un mois ? Ou écrasé par un bus, demain ? Et si c’était ce soir ? Ou dans une heure ?

Je m’en fous… en fait j’espère bien mourir assez vite, que je puisse passer à autre chose peut-être… autre chose ? Une autre vie ? Ça m’étonnerait en fait… je suis athée moi… enfin… s’il existe un Dieu qui peut me redonner vie, tant mieux, s’il n’existe pas, tant pis, je m’en fous royalement…

Je pourrais même décider par moi-même du moment où je vais mourir ? Il me suffirait d’ouvrir la fenêtre, de sauter… oui, ça pourrait être marrant de se voir tomber, de voir le sol se rapprocher avec une vitesse fulgurante… de compter les secondes qu’il me reste à vivre.
Quand j’étais jeune, je rêvais de mourir en héros… je n’en serais jamais capable… je suis plutôt du genre à fuir devant les ennuis… je suis un vrai trouillard, en fait…

On frappe à ma porte. Je me retourne, la porte s’ouvre, une jeune femme, qui devait avoir presque la moitié de mon âge, entre. Elle a une belle allure. Elle n’est pas magnifique, mais moi ça me suffirait… je ne crois pas être spécialement difficile… mais…
Elle m’apporte quelques dossiers… bon… et si je l’invitais à dîner ? Juste pour voir sa réaction ?
Elle s’en va, passe la porte, se prépare à fermer.
- Maria !
Elle s’immobilise, repasse la tête par l’ouverture de la porte, me regarde d’un air étonné. Elle doit se demander quelle bêtise elle peut avoir faîte…
- ça vous direz de manger avec moi ce soir ?
Pff mais quel idiot ! Je dis ça sèchement, sans réel ton dans ma voix… c’est n’importe quoi… tu m’étonnes que je sois toujours célibataire.
- Monsieur… c’est si soudain, je… ce serait avec plaisir… mais…
- Je sais, vous avez encore du boulot à faire, allez-y on en reparle plus tard…
Elle s’en va en fermant la porte lentement…

Mais c’est quoi ce délire ? Elle accepte sans broncher ? Quel genre de fille, est-ce en fait ? Ou alors… peut-être croit-elle que si elle refusait, je ferais en sorte de la virer ? Aurait-elle accepté par peur ? Certainement…
Quelle bande d’idiots ! C’est n’importe quoi tout ça… Quel intérêt de pouvoir approcher une fille si elle accepte des avances par peur ?

Il faut que je grandisse un peu… quel monde déplorable… je déteste ça… je déteste ces gens… je me déteste…
Je sors de mon bureau. Je prends l’ascenseur au bout du couloir. Je monte au dernier étage. Là, je prends sur ma droite, un petit escalier. Il mène sur le toit. Là haut, je vais m’asseoir au bord, les pieds dans le vide…
J’allume une cigarette. Il ne m’en restera plus qu’une après celle là… Je souffle la fumée, je lève la tête. Le ciel… les nuages… une sensation de liberté… le vent… un peu fort, un peu frais… mais c’est agréable…
Je vais m’allonger par terre pour mieux contempler cette liberté… c’est pas très propre… qu’importe, je m’en fous… ce n’est pas les quelques peureux de l’immeuble qui m’en feront la remarque… moi je n’ai pas peur d’être viré… a priori je ne le peux pas… on a besoin de moi… enfin, je crois…

Un nuage… ça serait chouette d’en être un… il n’y a pas de contrainte... on se laisse emporter par le vent, on explore le monde de haut, réchauffé par les rayons du soleil… un nuage… ça ne tient pas compte du temps qui passe… c’est beau, c’est blanc, c’est… libre… j’aimerais me libérer…

J’ai fini ma clope… je retourne au bureau… sans joie. Ce bureau… il avait été construit pour donner un semblant d’espace… certes, il était grand avec de larges baies vitrées… mais ça ne vaudra jamais l’extérieur… ça ne me rendra jamais heureux… je pose mon briquet sur le bureau.

Je sens quelque chose… du gaz ? Qu’est-ce qu’il se passe encore ? Je vais ouvrir la fenêtre…
- Monsieur ! il y a des fuites de gaz partout ! Nous devons quitter l’immeuble au plus vite !
Maria ? Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi es-tu venue me dire ça ? Pourquoi n’es-tu pas descendue te mettre à l’abri ? Pourquoi n’as-tu pas sauvé ta vie quand tu le pouvais ?
Il est trop tard maintenant. Je viens d’ouvrir la fenêtre à l’instant…. Maria… ta stupidité t’a tuée…

La fenêtre s’ouvre d’un coup, un souffle violent me percute, un bruit assourdissant résonne dans ma tête. Une explosion, du feu, des flammes… un cri strident, qui paralyse.
Je me retourne… Maria… pourquoi es-tu venue là ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi pour moi ?
De l’ascenseur, d’immenses flammes sortent, traversent sur plusieurs mètres les couloirs, percutent Maria, s’arrêtent juste devant ma porte…
Pourquoi ? Pourquoi c’est comme ça ? Pourquoi Maria s’était-elle immobilisée devant la porte ? Pourquoi ne s’était-elle pas rapprochée de moi ?
Maria brûle, elle n’est pas morte sur le coup. Je crie son nom... aucun son ne sort de ma bouche. Je la vois se débattre, crier, mourir… elle tombe à genoux. Elle ne crie plus. Elle s’effondre totalement…
Je peux bouger… qu’ai-je fait ? Que n’ai-je pas fait ?? Pourquoi suis-je ainsi ? Pourquoi vivant ? Pourquoi elle ?

Le feu revient à la charge… veut-il m’emporter moi aussi ? Non, je ne me laisserai pas faire…

Pourquoi ? Tu voulais mourir, non ? Laisse-toi faire. Va rejoindre ta sœur, ton amie d’enfance, et Maria…

Non… Maria aurait voulu que je vive, j’en suis sûr.
Je cours à droite. Je prends la porte qui mène au bureau d’à côté. Personne… je continue de courir. Je vais au bureau d’à côté encore. Toujours personne... Je crois que je suis seul à cet étage… seul avec le feu et un cadavre…
Je crois m’être éloigné du feu, je me risque à ouvrir la porte menant au couloir… Pas de feu…
Je prends sur ma droite, l’escalier de secours.

Pourquoi veux-tu survivre ? Ne disais-tu pas que ce monde était minable ? Retourne toi, contemple ton passé, ton présent et ton futur.

Je me retourne… ce feu me poursuit… c’est quoi ce délire ? Ce feu… comme l’autre fois… ce même feu qui a emporté celle que j’aimais à l’époque, et ma sœur, dans cette petite cabane dans la forêt… Ce feu venu de nulle part…
Je ne veux pas mourir…

Regarde ! Contemple le visage de celles que tu as tuées ! Tu n’as aidé personne !

Dans ce feu, je revois les visages… Maria… Virginie, ma sœur… Amandine, amie d’enfance… Je ne les avais pas aidées dis-tu ? Peut-être… pourrais-je me racheter ?

Si tu en as le courage…

Le feu se rapproche. Je sens la chaleur… leurs regards… je…

Meurs avec tes victimes !

- Je veux survivre !

Je me retourne, je prends l’escalier de secours… j’ai l’impression que le feu s’est accéléré, qu’il me poursuit… je descends de quelques marches, une forte fumée noire parvient à mes yeux… quelle poisse ! Je suis bloqué…

N’échappe pas à ta volonté…

Je suis encerclé, mais il me reste une issue… je remonte, je veux aller sur le toit… je sens la chaleur, des regards, de la souffrance… je suis brûlé à plusieurs endroits… qu’importe, tant que j’atteints le toit…

J’y suis parvenu… mes vêtements sont un peu brûlés, déchirés par endroits même… je m’éloigne de l’escalier, par où le feu monte inexorablement…

Et maintenant ? Que veux-tu faire ?

Je suis coincé… aucune issue… qu’ai-je fait ?

Laisse-toi faire… maintenant, tu peux attendre tranquillement…
Le feu s’est arrêté à la sortie de l’escalier… une épaisse fumée noire s’en échappe maintenant. Le toit ne ressemble plus à rien... le vent souffle contre moi, amenant cette chose noirâtre à moi. Qu’importe maintenant.
Je sors ma dernière cigarette. Mon briquet… est resté sur mon bureau. Tant pis, il existe maintenant un endroit où la flamme perdure…
Je me retourne, la cigarette à la main droite. A l’escalier, j’approche le bout de ma cigarette qui ne tarde pas à brûler, tandis que ma main se noircit quelque peu.
Je m’éloigne de ce four. Je porte ma cigarette à la bouche… Je suis libre dorénavant. Personne ne peut m’embêter ici. Je n’ai plus qu’à attendre. Je peux fumer avant de mourir… ça c’est la classe… je n’ai plus peur.
Je mets mes mains dans mes poches… ho, j’ai mon téléphone portable avec moi… bon… je vais appeler Alfred, lui dire que je vais mourir…
- Al ? c’est moi… je voulais juste te dire…

C’est vrai… je me souviens… cette fois là… à la cabane… on avait huit ans, et ma sœur en avait six… j’avais pris le briquet de mon père, et… j’avais vu à la télévision qu’on pouvait faire un feu avec de l’essence… Je savais où papa en gardait un bidon en stock… je m’étais servi en en mettant dans une petite bouteille. Même que ma main sentait l’essence après, et que ma mère m’avait ensuite interdit de jouer dans le garage… j’avais caché la bouteille d’essence…

- Quoi ? qu’est-ce qu’il t’arrive ?
- Je me souviens de quelques p’tits trucs… mais je voulais te dire que bientôt, je ne serai plus là Al…

On s’était promené, arrêté à notre « base secrète »… et comme dans les films, on voulait faire un feu de camp… au centre de la cabane, un tas de bois et de pierre. J’asperge le tout d’essence, tout fier… je sors le briquet… j’allume… ça s’enflamme très vite. Le temps de se lever tous les trois, le feu avait créé une barrière. Je me retrouvais entre la porte et le feu, ma sœur et mon amie étaient entre ce feu et trois murs…

- Qu’est-ce que tu racontes ? t’as jamais pris de vacances… pourquoi maintenant ?
- Je ne pars pas en vacance, idiot ! Je vais mourir !
Je jette mon téléphone sur le côté… décidément… idiot jusqu’au bout celui là…

Peureux comme j’étais, je m’étais mis à courir… vers la lisière de la forêt, puis chez moi… je les ai laissées là bas… mourir…

Maintenant, c’est la fin pour toi aussi…

- Je suis désolé… désolé…
Je pleurais…

Arrête ça… ça ne sert à rien…

- Je… comme cette fois là… Je…

Quoi ?

- Je…
…serrais les poings, les larmes coulaient toujours.

QUOI ?

- Je ne veux pas mourir !!
Je criais de toutes mes forces. Ma cigarette tomba par terre.
- Ce n’est pas moi qui les ai tuées ! Je n’étais qu’un gosse ! Ce n’est pas moi qui ai tué Maria, ce n’était qu’une mauvaise coïncidence ! Je ne peux pas tuer les gens !!!

Tsss… tu ne me laisses pas le choix…

Je repris mon calme, m’accroupis.

- N’importe quoi…Tu savais ce que tu faisais. Tu…vas… mourir.
Je souris, ramasse la cigarette qui fume encore, la remets à ma bouche.

Un hélico qui s’approche ? Il pourra me sortir de là ?
Je me lève, regarde le ciel à la recherche de mon sauveur… Où est-il ? Là ! J’agite les bras ! Je veux être sauvé.

Tu ne seras pas sauvé !

Une explosion retentit, tout près. Le sol semble s’effondrer… je bascule en arrière. Un pas, deux pas, trois pas, je ne touche plus le sol, je suis tombé par-dessus le petit rebord sur lequel je m’étais assis tout à l’heure. Je tombe. L’immeuble s’effondre. L’hélico est là haut. Il s’éloigne.

Je tombe enfin… je vais mourir…

La cigarette encore à la bouche, je souris… Maria… Amandine… Virginie… Al…

Je me retourne… le sol s’approche à une vitesse fulgurante, comme je l’imaginais.

La cigarette s’envole à cause du souffle…

Toujours souriant, j’atterris…

Jamais seul, tu meurs avec moi.
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